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OPERAS : Faire réseaux à des différentes échelles

Ce texte écrit par Karla Avanço, Community Manager d’OPERAS, est le résultat de la présentation d’OPERAS pendant la première édition des Journées Inter-réseaux organisée par Mir@bel, Repères et Médici. La discussion, tenue lors d’une table ronde intitulée « Faire réseau à différentes échelles », visait à lancer un échange autour de l’importance de se rassembler, de collaborer et de créer des liens à divers niveaux : que ce soit à titre individuel, au sein d’une équipe, d’un service ou d’un établissement. Ces réseaux peuvent être de portée locale, nationale, européenne ou internationale. Par ailleurs, les réseaux eux-mêmes s’associent, coopèrent et mettent en commun leurs ressources. Deux questions se posent : comment pouvons-nous nous articuler à différentes échelles sans risquer la redondance ? Et comment pouvons-nous nous organiser, nous coordonner, échanger (préférablement en plusieurs langues)? OPERAS a fait partie de cette conversation.

OPERAS, c’est quoi? La première façon de faire réseau

OPERAS est une infrastructure de recherche dynamique, menée par la communauté scientifique, qui travaille pour le développement de  la communication scientifique ouverte dans les domaines des sciences humaines et sociales (SHS) à travers l’Europe. Elle fournit des services qui contribuent à améliorer la manière dont les chercheurs et chercheuses partagent leurs connaissances, rendant ainsi la science ouverte plus accessible et visible. En s’attaquant au paysage fragmenté et aux défis uniques des disciplines des SHS, OPERAS permet aux chercheurs et chercheuses d’innover et de collaborer.

La communauté scientifique est au cœur d’OPERAS. Étant  une infrastructure de recherche européenne, son premier réseau se trouve au niveau européen. OPERAS compte aujourd’hui autour de 70 membres dont 13 membres principaux qui constituent l’Assemblée Exécutive. Les 13 membres principaux sont le CNRS en France , Fecyt en Espagne, la MWS en Allemagne, l’EKT en Grèce, TSV en Finlande, l’Université de Zadar en Croatie, l’Université de Turin en Italie, OAPEN aux Payx-Bas, Erih+  en Norvège,la section littéraire de l’Académie des Sciences en Pologne, l’Université de Coimbra au Portugal, L’Académie des Sciences en Slovénie, Jisc au Royaume-Uni) se réunissent une fois par mois pour discuter des stratégies et des activités menées par OPERAS.

Deuxième façon de faire réseau : regroupement autour des thématiques spécifiques

La communauté OPERAS est également organisée dans des groupes d’intérêt spécial (Special Interest Groups – SIGs), ouverts à tous les membres. Les SIGs travaillent en collaboration, partagent des informations, assurent une veille et préparent des projets sur leur thématique. Chaque SIG travaille sous la responsabilité d’un ou deux points de contact qui est, dans la plupart des cas, un membre principal d’OPERAS. 

Les SIGs constituent une partie importante du moteur d’OPERAS (Figure 1). De par leur nature, les SIGs sont des groupes capables d’identifier les besoins et les défis issus de la communauté élargie. OPERAS peut ensuite répondre à ces besoins et défis par le biais de projets et du développement de nouveaux services. Enfin, les SIG constituent un forum permettant d’obtenir un retour d’information et d’évaluer si les activités d’OPERAS répondent aux besoins de la communauté. Cette caractéristique est au cœur du fonctionnement de ces groupes et elle se reflète dans les changements récents, tels que la création du SIG sur les livres en libre accès et celui sur l’Intelligence artificielle. 

Chaque SIG se réunit régulièrement. Il y a aussi une coordination plus centralisée de ces activités pour soutenir l’ensemble des groupes dans la préparation de la feuille de route, pour aligner leurs objectifs avec les stratégies d’OPERAS  et pour rendre possibles des échanges à propos des défis et des opportunités rencontrés.

Troisième façon de faire réseau : les noeuds nationaux

OPERAS a commencé à créer des communautés nationales en 2021. Les nœuds nationaux correspondent à la façon dans laquelle OPERAS (représentant le niveau européen) établit des relations avec les communautés nationales et vice-versa. En un sens, les nœuds nationaux d’OPERAS fonctionnent comme un point de relations multifocales qui, entre autres, définit la portée d’OPERAS au sein de chaque communauté nationale;  ils constituent un moyen de mise en œuvre locale des services OPERAS et aident à identifier de nouveaux services potentiels. 

Par ailleurs, les nœuds nationaux jouent un rôle essentiel en tant que médiateurs structurels au sein de diverses infrastructures et organisations. Ces nœuds facilitent l’agrégation des approches et des ressources existantes de la communauté nationale, afin de contribuer à OPERAS au niveau européen. Ils veillent aussi à ce que les besoins et les perspectives locales soient intégrés dans des initiatives européennes plus larges, facilitant ainsi l’internationalisation de la recherche sans perdre la diversité des cultures, des langues et des traditions des pratiques scientifiques. Ils promeuvent le multilinguisme et la bibliodiversité dans la communication savante.

Les nœuds sont nécessaires pour co-construire la stratégie avec le hub central dans le cadre d’un dialogue continu. Le hub central agit comme un organisme de coordination entre les différents nœuds afin de garantir une approche et une stratégie cohérentes. En effet, l’une des situations les plus risquées dans une infrastructure de recherche est la possibilité d’avoir des approches de plus en plus différentes et une complémentarité moindre entre les nœuds.

Les activités des nœuds nationaux sont organisées dans des réunions d’échange qui facilitent la création de la stratégie, le partage d’information et l’interaction. Ces réunions sont un outil également pour l’accompagnement des représentants des nœuds à la réalisation d’activités de diffusion.

Les enjeux et les avantages de travailler en réseau : le développement du modèle diamant 

Au niveau européen, OPERAS joue un rôle déterminant sur le modèle de publication diamant. Cela se traduit, entre autres, par le développement des standards et la mutualisation des pratiques. 

Une autre façon de faire de réseau à l’échelle européenne (ou internationale) est à travers les consortium des projets financés par la Commission Européenne. À  travers ces projets, des nouveaux liens sont créés,  des nouveaux partenariats sont établis et des nouvelles opportunités sont construites. OPERAS participe à différentes initiatives et projets pour développer  et promouvoir le modèle diamant. Parmi ces projets et initiatives, nous devons citer surtout  DIAMAS, CRAFT-OA, ALMASI (Aligning and Mutualizing Nonprofit Open Access Publishing Services Internationally) et le développement du European Diamond Capacity Hub

DIAMAS et CRAFT OA produisent différents types de ressources qui sont le résultat d’une grande variété d’activités de collaboration (comme la consultation ouverte et le co-développement).  Toutefois, ALMASI se concentre spécialement sur la communauté étant donné que le projet vise à développer un écosystème de communication savante à but non lucratif, de haute qualité et durable, couvrant trois régions : Afrique, Europe et Amérique latine.

Faire réseau en français à l’international : l’enjeu de la francophonie 

OPERAS est une infrastructure européenne qui soutient la bibliodiversité linguistique. Cela se fait à différents niveaux et de manières variées. Tout d’abord, la bibliodiversité est une pratique plus récurrente dans les SHS. Autrement dit, OPERAS défend le maintien de cette pratique au niveau disciplinaire et promeut son extension à d’autres domaines également. 

OPERAS participe à des initiatives européennes comme signataire de l’initiative Helsinki pour le multilinguisme. Participe à un groupe de travail sur le multilinguisme dans le cadre de COARA, la coalition pour l’avancement de la réforme de la recherche. OPERAS a coordonné un projet sur la traduction et la science ouverte, financé par le FNSO. Il s’agit d’ études exploratoires pour la création d’un service de traduction collaboratif assisté par la technologie dans le domaine de la communication savante : tous les rapports sont disponibles en libre accès.

Une des groupes d’intérêt spécial se concentre sur le multilinguisme. Le groupe est impliqué dans les initiatives mentionnées, mais est aussi impliqué dans le développement d’une plateforme de traduction collaborative: Mondaecus. Finalement, une partie significative des activités pratiques de soutien à la bibliodiversité linguistique se passe  au niveau des nœuds nationaux.

OPERAS FR a contribué en préparant la traduction du standard de l’ accès ouvert diamant (DOAS). Le nœud à aussi organisé un appel à la collaboration pour la traduction d’autres résultats de DIAMAS, notamment les articles d’un guide en ligne. Un groupe de volontaires a été constitué et il a pu s’appuyer sur une contribution très significative du réseau Circé. Les traductions seront disponibles prochainement sur le site de la toolsuite, faisant partie de l’EDCH. 

En outre, OPERAS Fr organise régulièrement des événements en langue française (webinaire, ateliers, formations, etc.) et se dédie à la communication en sens large, et à l’animation du réseau (blog, LinkedIn)

Enfin, pourquoi faire du réseau 

Il y a des manières différentes de faire réseau et nous pouvons (et devons) le faire à différentes échelles. Mais pour quelles raisons faisons-nous du réseau ?

Être plus efficace. Un réseau nous permet de répondre à nos besoins en tant qu’ infrastructure et de répondre aux besoins de la communauté d’une manière plus efficace. À travers un réseau, nous pouvons nous appuyer sur l’existant et travailler pour le développement continu de services pour la communauté. Autrement dit, nous n’avons pas besoin de réinventer la roue à chaque fois. En outre, un réseau rend visible et met en valeur les services développés et les activités menées pour chacun.

Étendre les perspectives. Participer à un réseau européen nous permet découvrir d’autres réseaux nationaux et locaux. Nous faisons connaissance d’autres acteurs  et nous retrouvons d’autres façons et des nouvelles opportunités de travailler ensemble. Faire du réseau nous oblige aussi à tourner le regard vers d’autres horizons : trouver d’autres solutions, d’autres façons de faire.

Serrer les liens. Finalement, dans un réseau, plus que son organisation, ce sont les gens qui font vivre un réseau qui comptent. Faire du réseau représente du travail, cela requiert de l’organisation, du temps, de l’effort, de persistance. Mais le réseau peut devenir l’endroit où nous parlons, nous échangeons, nous nous rappelons l’importance d’être là.

Article écrit par Karla Avanço, Community Manager d’OPERAS

Marina Cortés Aldaz
Marina Cortés Aldaz

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Marina Cortés Aldaz (31 juillet 2025). OPERAS : Faire réseaux à des différentes échelles. OPERAS France. Consulté le 16 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/14gap


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